« Nous attirons toujours des personnes qui font vibrer nos blessures. »
Lise Bourbeau
Nos blessures émotionnelles sont des cicatrices que l’on ne voit pas mais qui façonnent profondément notre manière d’aimer, de réagir et de nous attacher aux autres.
Elles trouvent souvent leur origine dans une blessure de l’enfance, un amour trahi ou un abandon inattendu.
Et si ces blessures invisibles guidaient bien plus notre rapport aux autres qu’on ne l’imagine ? Et surtout peut on apprendre à vivre avec elles sans qu’elles dictent nos choix relationnels ?
Le réponse c’est : oui mais cela demande un peu de lucidité, beaucoup d’introspection et une bonne dose de courage émotionnel.
Les 5 blessures fondamentales : on en parle ?
Tu as peut-être entendu parler des fameuses blessures de l’âme popularisées par Lise Bourbeau.
Nous sommes beaucoup à avoir vécu une blessure à un moment de notre vie.
Ces blessures émotionnelles peuvent être : celle du rejet, de l’abandon, de l’humiliation, de la trahison ou de l’injustice. Elles agissent inconsciemment dans notre vie à travers notre comportement.
Ce livre est une mine d’or pour repérer nos mécanismes et guérir même si on peut débattre de leur rigidité, elles offrent un bon point de départ pour comprendre comment certaines expériences nous conditionnent.
Prenons un exemple simple : une personne ayant vécu une blessure d’abandon pourra inconsciemment chercher dans ses relations une forme d’assurance affective constante.
Demandant a être rassuré constamment par son partenaire, c’est une dépendance affective facilement repérable mais qui demande un travail sur soi.
Et ce qui est complexe c’est que l’autre ne voit pas la blessure. Il voit juste la « dépendance », la jalousie, l’angoisse. Alors que nous, on sent le gouffre et on fait tout pour ne pas y retomber.
Comment ces blessures s’invitent dans nos relations même quand on croit les avoir dépassées
Tu as déjà eu cette impression de revivre le même scénario encore et encore ? Changer de visage mais pas de dynamique ? Bienvenue dans le monde fascinant de la répétition émotionnelle.
➡️ Tu tombes souvent sur des personnes distantes ? Peut-être que ta blessure de rejet te pousse inconsciemment vers ce que tu connais : l’indisponibilité affective.
➡️ Tu t’écrases souvent dans les conflits quitte à t’oublier ? Il y a peut-être une blessure d’humiliation qui murmure que ton ressenti n’a pas de valeur.
➡️ Tu contrôles tout au risque d’étouffer l’autre ? Et si c’était ta peur d’être trahi qui essayait de prendre le pouvoir ?
Ce n’est pas une fatalité, c’est un mécanisme de survie sauf qu’il finit souvent par nous faire revivre ce qu’on essaye d’éviter. Ironique, hein ?
Les styles d’attachement : une boussole silencieuse issue des blessures
Nos blessures affectives ne vivent pas en vase clos : elles s’inscrivent souvent dans ce qu’on appelle des styles d’attachement.
Ces schémas que nous avons développés dans l’enfance pour gérer l’amour, la proximité, le manque.
On en distingue principalement quatre :
Sécure :
C’est l’idéal mais rassure toi on peut le cultiver avec le temps ! Les personnes à l’attachement sécure savent donner et recevoir sans peur panique de perdre ou de fusionner. Elles posent leurs limites sans couper les ponts.
Évitant :
Souvent lié à une blessure de rejet ou d’humiliation. Ces personnes ont appris à se protéger en gardant leurs distances. Elles valorisent leur autonomie mais fuient l’intimité dès que ça chauffe émotionnellement.
Anxieux :
Là c’est souvent la blessure d’abandon qui parle. Hyperconnecté à l’autre, ce style est en recherche constante de signes de validation avec une peur viscérale de la séparation.
Désorganisé (ou craintif-évitant) :
Quand les blessures sont profondes et contradictoires, ce style peut émerger. On veut l’amour mais on en a peur. On s’attache puis on sabote. Bref, c’est le yoyo émotionnel puissance 1000.
La bonne nouvelle ? Ces styles ne sont pas des condamnations. Ce sont des cartes d’origine et on peut redessiner l’itinéraire avec du travail sur soi et beaucoup de douceur.
Apprivoiser, pas effacer : le vrai boulot commence ici
Bon, alors on fait quoi ? Assied toi, c’est là que ça devient intéressant. Voici quelques pistes concrètes pour commencer à désamorcer la bombe émotionnelle.
Nommer c’est déjà libérer
Mettre des mots sur ce qu’on vit, c’est puissant. Prendre conscience des choses c’est déjà plus de la moitié du travail.
➡️ «Je me sens anxieux(se) quand il ne répond pas parce que ça réactive ma peur d’être abandonné(e)».
Ça semble simple mais c’est un pas de géant parce que là, tu arrêtes d’accuser l’autre (« Il me ghoste ! Il s’en fout de moi ! ») pour revenir à toi (« Qu’est-ce que ça touche en moi ? »).
Observer les schémas au lieu de les juger
Tu réagis violemment ? Tu t’emportes ? Tu t’éteins ? OK, observe toi, ne t’auto flagelle pas. Pose toi seulement la question : « De quoi ai-je eu peur à ce moment-là ? »
Parfois le simple fait de regarder une réaction avec douceur permet de désamorcer le cercle vicieux. On n’est pas là pour être parfaits, on est là pour être vrais.
Exprimer ses besoins sans exiger
Dans toute relation saine, il y a un espace pour dire :
➡️ «Quand tu fais ça, je me sens insécure. J’ai besoin d’être rassuré(e) ».
C’est une invitation, une main tendue et l’autre peut choisir d’y répondre ou pas. Tu t’es respectée et honoré(e) en t’exprimant et c’est déjà énorme.
Et si nos blessures étaient aussi des portes ?
On les déteste, ces blessures, elles font mal. Elles reviennent quand on ne les attend pas mais elles ont un secret. Elles nous révèlent nos points les plus sensibles donc aussi nos trésors cachés.
➡️ Une personne marquée par le rejet développe souvent une écoute fine de l’autre.
➡️ Une personne blessée par l’injustice devient souvent une farouche défenseur de l’équité.
➡️ Une personne ayant connu la trahison apprend à lire au delà des mots.
Nos blessures sont parfois des pouvoirs camouflés. Une fois apaisées, elles deviennent des ressources inestimables, pas des boulets.
Un mot sur l’amour parce qu’on est nombreux à y rejouer nos blessures
Tu sais ce qui est le plus fou ? C’est que les relations amoureuses sont le terrain de jeu préféré de nos blessures. Pourquoi ? Parce qu’elles nous touchent au plus vulnérable. Elles ravivent les mémoires profondes, les attentes, les peurs.
Toutefois, elles sont aussi un formidable laboratoire. Ce n’est pas toujours l’amour qui guérit. C’est ce qu’on ose y regarder, nommer, transformer. À deux ou seul(e), d’ailleurs. Guérir ses blessures, c’est aussi s’aimer soi même avec plus de lucidité.
Et toi, quelles blessures t’accompagnent encore ?
Pas besoin d’être guéri(e) à 100 % pour aimer, créer, vivre mais prendre conscience de ces marques invisibles, c’est se donner une chance d’être un peu plus libre.
Libre de ne plus se laisser guider uniquement par la peur. Libre d’aimer autrement, de s’ouvrir sans se sacrifier, de dire non sans se justifier.
Et surtout libre d’être soi même avec ses fêlures.
Comme disait Leonard Cohen :
“There is a crack in everything, that’s how the light gets in.”
(Il y a une fissure en toute chose, c’est ainsi que la lumière y entre.)
À lire ensuite : Guérir avant d’aimer : le chemin qu’on ne peut pas faire à deux.
Les Jardins du Hamma
© 2025 Les Jardins du Hamma. Tous droits réservés.
Fait avec amour et introspection.








